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Jeudi 30 décembre 2004
El Watan 26 décembre 2004
 
La loi française sur « les foulards » nous enseigne chaque jour, combien il faut être humble dans sa conviction laïque et républicaine, attitude qui n’est pas contradictoire avec un profond attachement à leurs valeurs(1), bien au contraire.
 

Et si la galette des rois(2) dans les cantines scolaires était jugée attentatoire à la loi sur la laïcité ? Ce n’est pas un fantasme que de l’imaginer, puisqu’une petite polémique a déjà vu le jour à propos du sapin de Noël et de certaines activités, comme la construction d’une crèche dans les établissements publics. Les trois mages, ne sont-ils pas ces trois rois errant dans le désert, guidés par une bonne étoile qui les mènera vers le Christ naissant, porteur au monde de la parole chrétienne ?

Moi, je veux bien croire que ces trois personnages brancardés avec talent au cinéma par les Inconnus, n’ont pas la même dangerosité que les pièces de tissu sur la tête de quelque trois jeunes filles(3). Le problème est que je n’ai rien lu dans le texte de loi en ce qui concerne l’appréciation de la dangerosité ni du caractère immoral des insignes religieux. Le législateur bannit des lieux publics tout signe, et en conséquence, toute manifestation ostentatoire de la religion, un point c’est tout !

Commémorer le périple biblique des trois mages par une distribution collective de galettes dans les cantines des établissements publics, n’est-ce pas ostentatoire(4) ? Ce n’est qu’une coutume culinaire, sympathique et anodine, nous répondrait-on. Alors pourquoi ne pas distribuer une galette de pain azime pour la Pâque juif ou une poignée de noix et de fruits secs pour le nouvel an musulman et ainsi de suite ? Après tout, on respecte la loi ou on ne la respecte pas. Que les farouches partisans d’une loi, légitime dans son principe mais stupide dans l’emballement malsain qu’elle a suscité, nous expliquent comment l’appliquer. Ceux qui sont montés sur leurs grands chevaux pour brandir la laïcité comme dogme républicain en oubliant qu’elle n’a été que pure façade pendant des décennies, car bien commode lorsque la République laïcise les signes et les événements de la religion dominante, que ceux-là nous édictent la jurisprudence à appliquer. Je leur souhaite bon courage.

Conformément aux discours très pompeux qui ont été tenus, je serai aujourd’hui enclin avec le même ton péremptoire, à demander pourquoi choisir les vacances scolaires en fonction de la naissance du petit Jésus, de la résurrection du même petit Jésus ou de la fête de Marie ? Les religions, ce n’est pas l’affaire des vrais laïcs, mais l’hypocrisie est la leur, lorsqu’elle s’érige en morale publique pour camoufler une situation bien embarrassante pour la loi de 1905(5). Le dogme était bien facile à évoquer lorsqu’il n’entravait pas le monopole de croyance et de culte.

Bien entendu, ce ton volontairement provocant sur un sujet futile n’est que prétexte. Personne ne pense, à moins qu’il ne soit atteint de débilité, à remettre en cause une tradition culinaire française très sympathique. Cependant, il faut s’attendre à un surgissement inévitable de questionnements bien plus graves de la part des gens bien intentionnés, comme de ceux qui le seront beaucoup moins.

La loi sur la laïcité a été la boîte de Pandore qu’il ne fallait surtout pas ouvrir. Car s’il faut respecter la loi française, un certain nombre de questionnements est légitime. Pourquoi l’argent public est-il dilapidé avec tant de publicité pour commémorer une fête religieuse chrétienne ? Pourquoi les édifices catholiques sont-ils encore subventionnés par l’Etat et les collectivités locales ? Pourquoi le culte lui-même l’est-il encore en Alsace ? Pourquoi les non-chrétiens doivent-ils demander une autorisation spéciale de congé pour les fêtes confessionnelles (accordées sous la réserve très pudique d’une non-perturbation du service) ? Et pourquoi ? Et pourquoi ? Et ainsi de suite...

La laïcité est un combat légitime pour beaucoup de démocrates (rappelons qu’elle a pour idée de favoriser la liberté des cultes et non le contraire dans l’esprit de ses fondateurs). Mais de la même manière qu’un certain nombre d’entre nous avaient demandé que l’on condamnât avec la plus grande sévérité, les islamistes autant que le régime militaire, nous demandons que la laïcité française aille jusqu’au bout de sa logique et permette l’équité. Pendant des décennies, cette dernière s’est honorée d’être un système unique au monde et dont le concept avait une vocation universelle. C’était oublier que cette laïcité était un leurre, puisque la République, comme je l’ai déjà dit, avait hérité de tous les attributs de la religion catholique. On comprend que dans ces conditions, il est facile de prétendre du bon droit de la République.

Laïc dans l’âme et dans les faits, je condamne sans hésiter les faux religieux comme les faux laïcs qui veulent, les uns et les autres, nous avilir par leur dogme. Pour le moment, une loi a été votée avec tambour et trompettes et s’il faut être républicain, il faut donc l’être réellement ou s’abstenir de brailler. La démocratie et la laïcité sont des attitudes beaucoup plus humbles et, de ce fait, beaucoup plus solides.

Notes

-  1) Il faut insister que beaucoup d’intellectuels, pourtant partisans farouches de la laïcité, ont émis des réserves appuyées quant à la provocation que suscitait cette loi et surtout à son inutilité.

-  2) Période commémorative en janvier de chaque année.

-  3) Je m’en remets aux instances religieuses musulmanes en France qui ont déclaré qu’il ne s’agissait pas d’une prescription obligatoire dans l’Islam.

-  4) Rappelons qu’il s’agit du terme choisi par le législateur français suite à l’affaire des foulards.

-  5) Loi française instituant la séparation de l’église et de l’Etat.

 

Par SID-LAKHDAR - Publié dans : droit des berberes
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Mardi 12 octobre 2004

Le 11 Juil 2003  Forum des Aarchs

 

 

 

Par SID-LAKHDAR - Publié dans : droit des berberes
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Mercredi 21 avril 2004

 

Le "nif", une fierté qui honore l’homme dans son indépendance d’esprit et dans la liberté de ses actes quelques soient les conséquences physiques ou financières. Le "nif", c’est la force du pauvre face à l’adversité, du humble face à l’oppression et tout simplement la dignité de l’être.

Qui pourrait renier le commandement honorable du "nif" puisqu’il est au cœur de la démarche des résistances les plus nobles de l’humanité ? Aucun démocrate ne se risquerait dans sa négation tant il est l’âme revendicative de tout être sous l’emprise d’une inféodation, qu’elle soit d’ordre social, religieuse ou politique.
Cependant, les plus malins ont très vite compris combien cette réaction naturelle des algériens pouvait être profitable pour leur carrière et leur pouvoir. Voila quarante ans que les algériens jouent ou feignent de jouer l’exercice national préféré que leur fait jouer le pouvoir militaire, le "nif", c’est-à-dire la fierté en toute circonstance, en tout lieu et envers tout.

Une aubaine pour qui veut annihiler l’esprit critique d’un homme et lui faire faire et dire au mot près tout ce qu’il souhaite. Une emprise facile d’un pouvoir qui joue sur la fibre nationaliste comme on manipule un doseur de morphine au chevet d’un malade.
A ce propos, le "nif" de Bouteflika est décidément très réversible et sélectif. Un certain nombre de démocrates, qui pourtant sont perpétuellement soupçonnés d’être des "carpettes" face à la France, se sont sentis humiliés au plus profond de leur nationalisme car en ce qui les concerne, il est réel.

Ce dernier est revenu se soigner à l’hôpital du Val de Grâce, hôpital militaire du détestable empire colonial qu’il dénonçait avec véhémence il y a encore quelques jours. Cette fois-ci l’affaire a été dénoncée avec bruit par l’ensemble de la classe politique française (et pas seulement par Le Pen) et qu’elle nous ridiculise au plus haut point. Comment peut-on, comme un indigent, réclamer la charité médicale lorsqu’il est établi que la demande n’est pas conforme aux déclarations de la veille, que la personnalité de l’indigent est ce qu’elle est et que sa doctrine repose sur le "nif" ?
C’est encore une fois un camouflé qui nous ridiculise à tous et je pense particulièrement à tous ces professeurs algériens de médecine et aux milliards d’investissements dans les cliniques privées, censées être à la pointe de la technique et des compétences. Je ne souhaiterais vraiment pas être à leur place et encore moins à celle de l’un de leurs patients.

Le Professeur Debré, pourtant insoupçonnable lorsqu’il s’agit de coopération avec les dirigeants africains, a exprimé son trouble, lui qui connaît un certain nombre d’entre eux. Bien entendu, chacun a reconnu ce léger sourire au coin des lèvres qui ne laisse aucune place au doute quant à l’interprétation.

Le "nif", ce n’est pas laisser un peuple dans la misère et se gaver avec les contrats juteux, pourtant établis avec zèle avec les puissances qu’on dénonce dans les discours. Le "nif", c’est prendre la mesure du défi économique et démocratique et de n’en dévier sous aucun prétexte. Le "nif", ce n’est pas une façade de circonstance mais une démarche homogène et constante. Le "nif", enfin, c’est de se l’appliquer d’abord à soi avant d’en faire une politique pour les autres.

Le "nif" de Bouteflika, c’est celui des gogos pour ceux qui s’en laissent convaincre. Il est très loin du notre, nous qui sommes pourtant constamment traités de "hezb frança". C’est dire combien le ridicule ne tue pas.

 

 

 

Par SID-LAKHDAR - Publié dans : droit des berberes
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